about

La lumière est au photographe ce que l’encre est à l’écrivain: ma quête consiste ainsi à explorer la nature ondulatoire et corpusculaire des ondes électromagnétiques comprises entre 380 nm et 780 nm. « Il faut que ça souffle comme le vent, il faut que ça coule comme de l’eau » est un processus créatif qui consiste à considérer la syntaxe du sujet et d’analyser les rapports qu’il entretient avec le réel. Ainsi, la lumière, la météo, la saison, jouent un rôle prépondérant dans l’expression du sujet car ils entretiennent des rapports étroits avec lui. Cette procédure sans compromis me conduit parfois à de sévères désillusions mais aussi à des moments de grâce qui élèvent, le crois je, mon cœur et mon esprit.

Dimitri Bérard

Né un jour de Janvier quelque part dans le creux d’un volcan, je me découvre une inclination pour l’imagination dans laquelle je m’abandonne, pour échapper à un monde que je juge assez tôt, tendancieux.

Élève moyen partout, bon nulle part, je me découvre toutefois un penchant pour le dessin et les images, plus expressifs à mes yeux que le langage oral ou écrit, les séances de diapos en primaire ont été pour moi comme des fenêtres ouvertes sur le monde, quelle découverte !

Plus tard, vers 1998, je m’inscrivis dans un club-photo pour acquérir les bases du développement argentique et m’obstine, dans l’obscurité du labo, à massacrer allègrement des dizaines de papiers photo qui ne m’avaient rien demandé, jusqu’à l’obtention de tirages à peu près corrects.

Tentant de marcher dans les pas de Minor White, Martha Cooper, Werner Bischoff, W. Eugène Smith, Robert Frank ou Jeanloup Sieff, je parcoure la région en quête de nouveaux sujets, propres à assouvir ma soif d’images.

Puis, je tombe sur un magazine photo dont le sujet du mois est consacré à la photo panoramique, dans lequel je découvre entre autres les photos d’Hervé Sentucq, Pentti Sammallhati ou Mickaël Ackermann.

Je sens déjà que j’ai devant moi une technique qui permet de voir les paysages dans leur ensemble, sans être contraint par le tout petit cadre du 24×36 et qu’il correspond à la vision humaine.

Malheureusement pour moi, les appareils argentiques permettant d’aborder ce noble format sont financièrement inaccessibles.

Mais nous sommes en 2004 et les caméras digitales submergent le marché, m’ouvrant grand les portes de l’assemblage numérique d’images.

Dès lors, je cherche à apprivoiser ce format si beau à regarder et si difficile à réaliser.

Tout dans cette technique picturale, est synonyme de liberté et d’espace, ouvrant le champ des possibles, jusqu’à l’infini.